ITRI

 (ITALIA)

    Provincia   di   LATINA       *      Regione   L A Z I O         

Présentation

Fra' Diavolo

" Le sanctuaire

  de Notre-Dame

    de-la-Civita"

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PHOTO

 

 
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-Plan du sud pontin

 

-Armoiries d’Itri

 

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-Sceau de la commune d’Itri, 1699

 

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-Vue aerienne de la Cité

 

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- Campello, la fosse du lac

 

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-Le Château, symbole d’Itri

 
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- Carte postale dediée au chateau
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-Le Château symbole d’Itri

 
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-L’église de Saint-Michel-Archange 

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– Le clocher de Sainte-Marie-Majeure
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- S. del Piombo, la comtesse Giulia Gonzaga
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-  Le château de Fondi
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-L’église de Sainte-Marie-de-Lorète  

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 "Entre Sacré et Profane au Pays D'Itri

 

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- Fortin de Saint-André,les ruines
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-L’ancienne voie romaine “via Appia”

     - Faune des  monts Aurunci

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- Flore et faune des monts Aurunci

 

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- Le chateau détruit par la guerre

 

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  -“L’olive Itraine”  

  
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   -Les feux de la Saint-Josepf
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- Itri - La joncheé de fleurs

 
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- Faïences

 
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- Musée du Brigantage

 
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        - La mer d’Itri (Punta Cetarola)

 
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-La côte d’Ulysse

 

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-Le cardinal Paolo Burali d’Arezzo

 

-Monseigneur Ernesto Jallonghi, religieux et écrivain

 
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-Michele Pezza, alias Fra Diavolo

 

 

 

                 

 

                  

                     

 

 

                                 ITRI - Fontaine G.Murat (1810 - 1811)

  

DES ORIGINES à NOS JOURS "tout ce que vous devez  savoir, on  presque..."

      

ITRI–Située à 170 m. au dessus du niveau de la mer, la ville peuplée de près de 9.000 habitants s’étend sur une surface de 101,15 Km. carrés. C’est une petite ville du sud de la province de Latina qui se trouve pratiquement divisée en deux par la R.N. 7 Appia, à 134 Km. de Rome et 91 de Naples.

Son origine remonte à la préhistoire. Elle faisait alors partie du domaine des Aurunci-Ausoni, et passa par la suite sous domination romaine. Bien que ne constituant pas encore à l’époque un véritable centre peuplé, elle devait cependant être un relais, si l’on considère sa position entre Fondi et Formia par le col de Saint Donato, sûrement pénible à franchir pour les chevaux et les voyageurs qui y passaient pour atteindre Itri et le midi de la péninsule.

Les origines de son nom sont incertaines. Les historiens et les spécialistes de l’histoire locale proposent plusieurs hypothèses. Il y a ceux qui pensent que le nom dérive de "ITER" (le chemin). A l’appui de cette thèse, il y a la présence d’une inscription sur une pierre qui se trouve à gauche de la Porte Mamurra. D’autres, au contraire, soutiennent une thèse plus pittoresque. Parce qu’on trouve, sur la dite Porte Mamurra, une "hydre rampante", les véritables fondateurs d’Itri seraient selon ces derniers, les habitants de Amiclae, qui s’étaient enfuis de leur terre à cause de l’invasion de serpents et qui trouvèrent abri sur les collines. En faveur de cette thèse, sur les armoiries du gonfalon municipal on trouve un serpent.

Placée au milieu d’une vallée entourée par les monts Aurunci qui la protègent des vents froids des Apennins et des Abruzzes, Itri jouit d’un climat doux en hiver, frais et sain en été.

Le centre ancien se trouve sur une butte. On peut y accéder à pieds ou en voiture. Parsemé d’anciennes ruelles, marches et arcades qui se succèdent entre les maisons, il a connu dans les dernières années un développement touristique remarquable. Les vieilles maisons épargnées par les destructions de la seconde Guerre Mondiale, sauvées de la dégradation et rénovées ont rendu un nouveau souffle vital à la Cité, parcourue de plus en plus par des visiteurs à la découverte de monuments et de recoins pittoresques.

 

CAMPELLO Aujourd’hui important espace naturel, a été le théâtre de la première installation humaine sur le territoire d’Itri. Il devait bien avoir acquis une certaine importance en 1176 parce que le baron Raulle de Carta envoya cinq de ses hommes en croisade en Palestine. Il est encore possible d’apercevoir sur les plateaux, les ruines de maisons et de puits. Ce fut la propriété du comte de Fondi. En l’an 1269, dans une "cedula de focularibus que invenietur diminuta" parmi les sols et les endroits assujettis au paiement d’un "augustale" par feu, Campello est inscrit pour 8 onces et 7 tarì et demi, c’est à dire pour 33 feux (environ 200 personnes). L’endroit fut enfin abandonné dans la deuxième partie du 15ème siècle, à cause, peut-être, du trop petit nombre d’habitants et aussi du climat défavorable.

Le haut ITRI– le Château symbole d’Itri est à présent dans sa dernière phase de rénovation. Sa construction (la tour et l’enceinte crénelée) remonte à 882, œuvre de l’ipate de Gaeta Docibile Ier. Par la suite une seconde tour carrée fut bâtie par le neveu de Docibile Ier, le duc Marino Ier de Gaeta. Ce fut un fief du duché de Gaeta et ensuite des dell’ Aquila suzerains de Fondi vers 1140. Il fut achevé dans ses trois parties en 1250. Actuellement le château appartient à la municipalité; il fut racheté par la province de Latina qui le transféra ensuite à la municipalité d’Itri. Il fut vendu pour un prix tout à fait symbolique par son dernier propriétaire, M. Francesco Saverio Ialongo, arrière petit-fils de Mons. D. Ernesto Jallonghi (1876-1934), auteur, entre autres des livres sur "La Madonna della Civita e il suo Santuario" et "Fra' Diavolo (colonnello Michele Pezza) nella storia e nell'arte".

Les travaux de consolidations des structures suivant les projets des architectes Coco, Docci, Miarelli Mariani et de l’ingénieur Criserà débutèrent en 1992 sous la direction de l’architecte Remigio Coco. La région Latium finança d’abord la première partie des travaux avec environ 5 milliards. Ensuite, elle finança aussi avec 5 milliards (anciennes lires) la seconde partie des travaux pour la rénovation de la tour carrée et de celle polygonale. La partie rénovée a été inaugurée le 14 juin 2003 à la présence des autorités les plus hautes de la région Latium (M. Storace et M. Fazzone) et de la province de Latina (M. Martella) (photo 5). A la cérémonie il y avait aussi le sénateur Michele Forte et l’archevêque de Gaeta Mons. Pier Luigi Mazzoni qui a béni les travaux. M.me Eleonora Brigliadori a été la marraine de la cérémonie. Dans l’après-midi du 14 et le dimanche 15 juin, plus de 4.000 personnes ont visité le château ouvert au public, avec des visites guidées en fin de semaine.

Les Postes Italiennes ont participé activement à la connaissance du château en publiant une carte postale. Une importante exposition philatélique et un congrès ont été organisés par la Municipalité à cette occasion le 26 décembre 1995 avec la présence du président des Postes Italiennes, M. Enzo Cardi et de nombreux représentants du monde politique et culturel. M. le Maire, Egidio Agresti, en saluant les participants, parlant du château, sollicita leur appui efficace pour le financement de sa complète rénovation. Et, à vrai dire, les travaux semblent vraiment très avancés. Parfois on lit: "le château de Fra’ Diavolo". Mais il est tout à fait incorrect d’associer ce héros local au château. Les nombreux touristes qui viennent visiter le vieux Itri (surtout en été), en se flânant entre les ruelles et les arcades charmantes, seront sûrement surpris et en même temps un peu effrayés en apercevant la majesté du château et poseront sans doute des questions sur ce personnage historique et légendaire de Michele Pezza surnommé Fra’ Diavolo. Peut-être, avec un peu d’imagination, on verra déambuler entre ces ruelles où il grandit, ce guérillero qui provoqua de sérieux revers à l’armée française pendant l’occupation du Royaume de Naples. Mais il me semble tout à fait risqué approcher le héros local du château.

 

L’église de Saint-Michel-Archange réputée la plus ancienne d’Itri, remonte à l’XIe siècle. De sa structure d’origine restent aujourd’hui le clocher et une partie du toit. Il s’agit d’un rare exemple d’art arabe normand qui est complètement uni à la collégiale composée de trois nefs, une centrale et deux de côtés plus petites. Ce bâtiment carré, haut de 20 m. est divisé en quatre niveaux et se termine par un couronnement. La tribune des chantres, est ornée d’un tableau qui représente une Vierge à l’Enfant, date incertaine à gauche de la nef centrale et d’un bénitier en marbre finement décoré. Ces œuvres comptent parmi les plus importantes que l’on peut admirer à l’intérieur de l’église. Il faut y ajouter aussi le raffinement du clocher avec ses délicieuses assiettes en faïence incrustées à l’intérieur, du champ des arcs et l’effet polychrome de la pierre associée à la couleur des briques qui se trouvent autour d’une élégante trilobée au dessous la chambre du clocher.

 

L’église de Sainte-Marie-Majeure, touchée pendant la dernière guerre mondiale, fut presque complètement détruite. Seuls les murs d’enceinte sont restés intacts. Le clocher échappa cependant au terrible bombardement aéronaval de 1944 (qui détruit Itri à 75%), même s’il subit de gros dégâts.

Ce clocher du XIIIe siècle, a retrouvé son ancienne splendeur, grâce aux travaux de restauration des années ’50 menés par la Direction Générale des Beaux Arts du Latium. Il se distingue surtout par la décoration polychrome du dôme d’origine et de style byzantin. Pour ceux qui arrivent de Formia la vue du clocher est un véritable régal; le soir un charmant jeu de lumières l’entoure de toute sa beauté.

 

Notre chemin à travers le haut-Itri se poursuit avec des informations sur le Monastère de Saint-Martin. Détruit en 1944, il a été rebâti et il est actuellement gardé par les petites sœurs Alcantarines. Le 23 octobre 1977, à l’occasion de la déposition de l’étendard de Notre-Dame de la Civita (élevé sur la Place du Couronnement pour rappeler à tous le bicentenaire), l’archevêque de Gaeta, Louis Marie Carli, inaugura la maison de retraite dédié à la Sainte Vierge de la Civita.

Le monastère était anciennement situé à l’extérieur des murs d’enceinte, sur la butte de Saint-Martin en Pagnano, abandonné à cause de la réduction du nombre de religieuses, il fut rebâti à l’intérieur des murs d’enceinte. Des auteurs présentent le vieux monastère comme l’endroit où fit irruption le corsaire sarrasin Khayr al-Din surnommé "Barbarossa" (Barbe-rousse), à la recherche de la comtesse Giulia Gonzaga qui lui avait échappé à Fondi, où il avait débarqué avec ses hommes dans la nuit du 8 au 9 août 1534, naviguant par les eaux intérieures d’un canal. Il voulait enlever la comtesse qui était réputée pour sa beauté et en faire cadeau au sultan Soliman II le Maquifique. C’est l’hypothèse qui a le plus de crédit. Cependant, l’amateur d’histoire locale M. Albino Cece n’est pas du même avis: "Le gros volume de recherches historiques au sujet de Giulia Gonzaga publié par M. Amante et les nouveaux documents de M. Luigi Muccitelli nous font croire que les Colonna vendirent Fondi au sarrasin "Barbarossa" parce qu’ils espéraient en la capture de Giulia que personne n’aurait rachetée et hériter ainsi du décédé Vespasiano Colonna. Nous croyons donc que les Colonna mêmes ont fait empoisonner Ippolito de’ Medici, dernier défenseur de Giulia, pour le pousser à céder ses droits testamentaires sur les domaines de Vespasiano Colonna". Ce qui est sur c’est que Giulia s’enfuit, Fondi fut pillée, ses habitants décimés et la ville brûlée. Les rares survivants furent emportés en esclavage en Orient. Le jour précèdent le proche village de marins de Sperlonga avait partagé le même destin.

Déçus par cet échec, les sarrasins se déchaînèrent, tuant les petites soeurs bénédictines. L’écrivain B. Amante dans son œuvre "Giulia Gonzaga contessa di Fondi" (Éd. Zanichelli 1896 - édition anastatique) propose, au contraire, comme lieu du massacre le "monastère des religieuses, à seulement deux kilomètres de Fondi sur une butte qui enjambe la route Appia Nuova qui de Fondi aboutit à Naples […] fut livrée aux flammes. Il ajoute aussi qu’il commanda des fouilles où l’on trouva des crânes, probablement ceux des victimes.

Les turcs aussi essayèrent également de s’attaquer à Itri. Mais les itrains ne se laissèrent pas surprendre et, à l’abri des murs du château tinrent le coup bravement de sorte que Barbarossa fut obligé de renoncer. Il s’embarqua pour Tunis et échappa de peu au combat avec une armée de 5 à 6 mille soldats, levée à la hâte par le cardinal Ippolito de’ Medici.

 

Le couvent de Saint-François qui se trouve dans la partie basse de la ville fut bâti en 1324 et a eu jadis une certaine importance parce qu’y résida aussi le comte de Fondi, Onorato II Caetani. Mais il demeura célèbre selon les chroniques pour la mort du cardinal Ippolito de’ Medici le 10 août 1435, qui partait rejoindre Charles V. On dit qu’il y fut empoisonné. Il avait participé à des chasses, des tournois et des distractions à Fondi, à la cour de Giulia Gonzaga. Il aimait tellement cette dernière qu’il y emmena en juin 1532 Sébastien del Piombo, un peintre très réputé qui devait peindre la très belle dame immortalisée aussi par Titien, Branzino et d’autres peintres de l’époque. Les causes de sa mort: le paludisme d’abord et le poison de J. André de Borgo. La comtesse Giulia se rendit aussitôt à Itri et prit soin de lui jusqu’à la fin "la mort lui sembla moins cruelle parce qu’il y avait "Donna Giulia "à côté, qui fut très gentille avec lui" ainsi raconta Giovio présent à cette scène.

Comme l’on voit, il y a plusieurs faits historiques qui rapprochent Fondi d’Itri et ce ne pouvait difficilement en être autrement car Itri appartenait au fief de Fondi qui, grâce à la Comtesse Giulia, fut pendant dix ans le lieu de rencontre d’hommes de lettres et d’artistes de l’époque. L’Ariosto lui consacra une octave dans son célébre "Orlando Furioso". Quatre mois après la mort du cardinal Ippolito de’ Médici, la Comtesse Giulia Gonzaga rentra au couvent de l’église de Saint-François des petites sœurs à Naples, où elle mourut le 19 avril 1566.

 

FONDI - Un petit aperçu sur cette ville qui se trouve sur la nationale 7, à seulement 13 Km d’ Itri, deux villes autrefois divisées par un fort esprit de clocher. Celle de Fondi dont l’histoire remonte à plus de deux mille ans et se perd dans la nuit des temps. Selon la légende elle fut fondée par Hercule après le meurtre de Cacus (un demi siècle avant la guerre de Troie). Des églises qui remontent au XVe siècle, des monuments, des murs d’enceinte mégalithiques (213-250 avant Jesus Christ); un château (XIIIe-XIVe siècle) rénové, aujourd’hui foyer culturel. Ses personnages illustres en remontant le temps: Livia Drusilla (Livia Augusta) née en 58 avant Jésus-Christ, mère de Tibère, futur empereur de Rome; divorcée de Néron, en 38 avant Jésus-Christ, se maria avec César Auguste. Une petite partie de Fondi, appartient donc à l’Empire de Rome! Ici est né aussi Vitruvius Vacca, qui, en 329 avant Jésus-Christ, attaqua Rome et la tint en échec pendant une année. On doit citer encore la présence d’évêques, d’un pape saint Sotère (166-175). Mais c’est Onorato Ier, seigneur de Fondi qui occupe une place importante dans l’histoire de la ville. Partisan des cardinaux qui élurent ici comme antipape, le 20 septembre 1378, le suisse Robert de Genève, qui prit le nom de Clément VII; il séjourna à Fondi avec la cour papale pendant presque huit mois. Encore une fois les histoires d’ Itri et de Fondi se croisent. L’antipape, couronné par Onorato Ier, dont la révolte déchaîna le Grand Schisme d’Occident, fut opposé au pape légitime, Urbain VI, Bartolomeo Prignano issu d’ Itri.

Un autre personnage célèbre qui continua son œuvre fut Onorato II Caetani à qui on doit des monuments, des palais et des œuvres artistiques. La ville fut siège de l’évêché (des nouvelles depuis l’année 236) jusqu’en 1818 à cause du Concordat avec Terracina. Parmi les historiens locaux, sont à retenir Giovanni Conte Colino, Enrico et Bruto Amante et monseigneur M. Forte, le tout dernier des historiens de Fondi, depuis peu décédé. Le XXe siècle a vu la naissance de personnages de premier rang: le poète Libero de Libero, le peintre Domenico Purificato, Pasqualino et Peppino De Santis, directeurs de la photographie et, enfin Giuseppe De Santis, présenté par la critique comme l’un des maîtres du néoréalisme (Riso Amaro), récompensé par un Lion d’or à Venise pour l’ensemble de son oeuvre. Tous les cinq ont eu une présence remarquable au niveau artistique et culturel. Au niveau économique Fondi est l’un des marchés agro-alimentaires les plus importants d’Europe, et véritable pôle de l’économie locale. Cela fait des années que l’on pense au tourisme comme secteur à développer: 15 Km de plages et le lac à revaloriser apporteraient bien-être et développement social. Je m’arrête là, je dois parler d’ Itri, mais je suis né et j’habite à Fondi; on m’excusera donc cette petite digression durant un petit moment qui m’amène à dresser un petit aperçu de ma ville que je vous invite à visiter: là aussi les livres à acheter ne manquent pas, avant où après avoir visité Itri, à vous de choisir!

 

Le couvent des pères Passionnistes et son église Sainte-Marie-de-Lorète, se trouvent sur une butte et ont été complètement intégrés par l’accroissement urbain de l’après-guerre. Mais le couvent était bien isolé lorsqu’au mois de mars 1574 s’installèrent les pères capucins jusqu’en 1897, d’abord en propriété et ensuite emphytéose à cause de la confiscation des biens de l’église. Depuis toujours cette zone est appelée "Cappuccini". En 1910/11 on l’utilisa comme lazaret à la suite de l’épidémie de choléra qui s’était déchaînée à Itri.

L’arrivée des pères passionnistes remonte au 30 mars 1943. A cette date fut rédigé et signé, avec la municipalité d’Itri, l’acte qui donna le couvent ex "Cappuccini", aux Passionnistes. Sa reconstruction, voulue par le sénateur Pietro Fedele, marié à Itri avec Donna Tecla de Fabritiis, a déjà commencé au mois de novembre 1941, et a été poursuivie à la fin de la guerre. Elle attire désormais de nombreux fidèles et visiteurs. Dans l’église de Sainte-Marie-de-Lorète est conservée entre autres un tableau du fondateur des Passionnistes, saint Paul della Croce, attribué au peintre Sébastien Conca (1680-1764). A présent le Supérieur du Couvent est père Giovanni Giorgi.

 

L’église de Saint-Cristoffe, élevée le 19 mai 1348, placée sur une butte derrière Itri, peut être atteinte par une rue muletière. Sans toit, elle garde à l’intérieur des fresques en bon état grâce à la protection d’une couche de chaux.

A l’entrée d’ Itri se trouve l’église de Sainte-Marie-des-Grâces.

Au centre de la ville, on trouve l’église ex Annunziata, aujourd’hui Sainte-Marie-Majeure. On a des nouvelles à ce sujet d’un legs du comte Onorato Ier Caetani, remontant à 1363. Elle fut à moitié détruite par les bombardements de mai 1944. En 1947 elle fut rebâtie avec aussi un porche à trois arcs ogivaux. Trois entrées introduisent dans l’église à trois nefs. Dernièrement ont eu lieu d’importantes modifications, notamment au fond dans la nef gauche, pour y placer et protéger la Statue en argent de la Notre-Dame-de-la-Civita moulue en 1839 par l’orfèvre napolitain Luigi Capozzi. Les travaux ont été complétés avec la mise en place d’un moderne chauffage à air et la reconstruction du toit. Depuis 1969 elle a été confiée aux pères Passionnistes. A présent son curé est père Giovanni Giorgi.

 

Le fortin de Saint-André, à mi-chemin entre Fondi et Itri, se trouve tout près de l’ancienne voie romaine "via Appia". Il est bâti sur les ruines de la chaussée d’une villa romaine de l’époque républicaine (100-60 avant Jésus-Crist), la datation de sa construction est incertaine. Une partie des structures actuelles remontent au XVIIIe siècle et ont permis à Fra’ Diavolo d’arrêter les Français en 1798, avant qu’ils occupent le Royaume de Naples. Ses ruines devraient retrouver bientôt un nouvel élan avec les travaux de rénovation de l’ancienne route Appia. Débutés dernièrement, avec la participation de la Direction Générale Archéologique de la région Latium, ils se poursuivent au niveau archéologique et environnemental autour du fortin Saint-André et de l’ancien pavement. La reconstruction du mur, écroulé à l’époque bourbonienne au bord de la route, ainsi que la restauration de nombreuses citernes et de structures romaines diverses auxquelles ont été rajoutés des éléments de l’époque bourbonienne ont été annoncés par M. le professeur Lorenzo Quilici au cours d’une rencontre avec des représentants d’organismes locaux, des techniciens et le Procureur de la République de Latina, M. Gagliardi, en visite à Fondi et aux monuments d’Itri

 

"Témoignages archéologiques dans la zone de Calvi à Itri" c’est le titre d’un travail intéressant de M.me Marisa de Spagnolis, archéologue, née à Itri. Elle écrit: "remarquable est la situation archéologique dans la zone de Calvi vers Sperlonga sur le territoire d’Itri. Une ancienne rue de traverse, se détachant de la rue Saint-Marc, continue vers Sperlonga, bordée de constructions reconstituées au cours des siècles. Cette rue, large de 4 m., présente des restes d’un pavage de carreaux blancs "in situ", dont beaucoup ont été déchaussés de chaque coté. Cette rue, peu fréquentée depuis l’ouverture de l’actuelle route goudronnée Itri-Sperlonga, arrivait à la petite ville dans le "sinus Amjclanus" par un tracé plus court que l’actuel, en passant par Corano, Vagnoli, Magliana. Le long de ce tracé sont présents de nombreux vestiges archéologiques qui attestent la fréquentation de la zone durant la période de la République romaine et au début période impériale".

 

LE PARC NATUREL DES MONTS AURUNCI

A environ vingt minutes d’Itri on peut effectuer une remarquable randonnée à pieds. En traversant la R. N 82 de la vallée du fleuve Liri (faite construire par Ferdinand II roi de Naples) et après avoir franchi le carrefour qui conduit au Sanctuaire de Notre-Dame-de-la-Civita, en tournant à droite, près de la gorge de Saint-Nicolas, il est possible de s’engager sur la route goudronnée au niveau de Marciano et d’arriver tout d’abord à la Fontaine de Tozzo en passant par la Forcella de Campello (843 m.) et ensuite sur les plateaux (1000 m.) appelés Campello et Campello Vecchio, côtoyant les bois de la côte de la table entre le mont Viola et le mont Ferrazzano. Ce territoire, d’un remarquable intérêt naturel, a été depuis peu intégré au Parc Naturel des Monts Aurunci. Il s’agit d’un ensemble formé par les territoires des provinces de Frosinone et Latina et quatre regroupements de villages de montagnes (le XVIe, le XVIIIe, le XXe, le XXIIe). C’est le parc le plus au sud des zones protégées du Latium. La composition calcaire des rochers explique l’absence des cours d’eau. Le parc, créé en 1997, s’étend sur 19.374 ha, son siège se trouve à Campodimele (Lt), 10, rue Glorioso. Une zone protégée, Campello, pleine de bois de chênes verts, ormes, charmes, hêtres séculaires. Il n’est pas rare de voir s’envoler un faucon pèlerin et fleurir ça et là des bouquets de Platanthera chlorantha, l’orchidée remarquable par l’absence des couleurs qui caractérisent l’espèce, l’une des 50 variétés que les botaniques ont réussi à découvrir dans le territoire du parc. Le sous-bois est couvert de garrigues, de genêts, et d’ampelodesmos. Autrefois exploité pour la préparation du crin et des cordages de chanvre, ce dernier est aujourd’hui travaillée / transformée en objets de toutes sortes pour la joie des touristes qui les soirs d’été quittent les plages de la côte Tyrrhénienne et se rendent à Itri pour profiter de son climat vif, à la découverte de ses monuments, de sa cuisine typique et des produits de l’artisanat local.

 

 

LE DEVELOPPEMENT ECONOMIQUE

Plusieurs fois en parlant de la dernière guerre mondiale, j’ai souligné le niveau de détérioration des monuments et des endroits historiques soumis à de violents bombardements.

La ville a subi de lourdes pertes humaines durant la 2nde Guerre Mondiale. 133 habitants ont ainsi perdu la vie sous les bombardements. 152 autres ont péri au combat. Cinq médailles militaires en argent, cinq en bronze et plusieurs croix de guerre témoignent de leur vaillance. La médaille militaire en bronze décernée à la Commune d’Itri et la déclaration de Commune (super) sinistrée (75%) attestent de la douloureuse réalité subie par les hommes et les choses.

 

Mais l’engagement des représentants politiques et des habitants a redonné un nouvel élan à la réalisation de petites usines de transformation et de l’artisanat. Le développement immobilier est également remarquable, aussi bien en la ville, que dans les quartiers de la banlieue d’ Itri avec la construction de résidences secondaires. Au niveau de l’agriculture, depuis toujours l’activité la plus importante, le développement de nouvelles méthodes et technologies à permis d’améliorer la production et la transformation du produit typique d’ Itri, l’olive itraine.La transformation des olives de la qualité "Olive Itraine", cueillies en mars et avril en pleine maturation des drupes est à l’origine de la production du Latium "l’olive de Gaeta". La méthode de transformation se caractérise par la préparation d’une saumure naturelle avec fermentation spontanée où l’on ajoute seulement du sel de mer. La préparation alimentaire de ce produit typique de l’économie agricole de la province de Latina, occupe une place importante à Itri. Et ici, la culture des olives s’est considérablement développée au cours des siècles. Une remarquable spécialisation, une importante tradition culturelle et des racines historiques, voilà les éléments qui caractérisent la culture d’abord et la transformation ensuite. Une transformation qui ne dérive pas seulement de la saumure, mais aussi de la pression à froid pour aboutir à un produit extra-vierge tout à fait caractéristique.

 

En 2000 l’Unigrai oléiculteurs associés en collaboration avec la Région Latium a réalisé une étude pour la valorisation de l’OLIVE DE TABLE ITRAINE" reg. CEE n.2081/93-docup objectif 5.B. Les résultats, publiés en juin 2000, ont mis en évidence les qualités des produits et des techniques employées par la Coop. Union des agriculteurs d’Itri. Née il y a 50 ans, elle compte aujourd’hui 500 membres qui représentent 50% des producteurs locaux d’olives avec une superficie de 700 ha cultivés, égale à 65% des oliveraies recensées. Ces résultats acquis grâce à l’habileté de techniciens spécialisés, de laboratoires d’analyse, d’ouvriers, et des processus de production de la "Coopérative", soutenus par les collectivités locales, principalement par la municipalité, visent à la valorisation du produit typique du pays que l’on retrouve sur les tables italiennes et à l’étranger sous l’appellation "d’olive de Gaeta".

 

TRADITIONS

Parmi les événements qui dans l’année caractérisent la vie sociale des habitants d’ Itri, il y en a quelques-uns qui sont particulièrement appréciés. La fête qui unit davantage la communauté est celle de la "Notre-Dame-de-la-Civita", une fête religieuse (dont on parlera ensuite dans une autre partie), qui est vécue avec une grande intensité par tous et sans distinction. Dans l’ordre on peut citer également "Les feux de la SAINT-JOSEPH" et "l‘Infiorata" (la jonchée des fleurs). Cette dernière en est à sa XVIIIe édition.

 

LES FEUX DE LA SAINT-JOSEF

A la différence d’autres manifestations, "les feux" représentent une occasion spéciale pour la collectivité. Déjà avant le 19 mars, une certaine "frénésie" s’empare des grandes personnes et des enfants ainsi que dans les quartiers. On met en place toute une organisation pour cueillir les branches à brûler le soir et les femmes préparent des plats typiques. Les "zeppole" (merveilles) sont naturellement les reines de la soirée. Cette ancienne recette que les mères transmettent à leurs filles est un véritable régal pour tous ceux qui participent à l’allumage des feux au coucher du soleil. De manière responsable, les administrateurs de la ville, sensibles à la défense de l’environnement, distribuent du bois, coupé par les ouvriers de la municipalité d’une manière ciblée. Difficile de le faire admettre, mais avec le temps tous ont compris, grâce à l’engagement des gardes forestiers d’Itri, des volontaires (V.E.R.) et des brigades contre les incendies de la municipalité, employés l’été à la protection du patrimoine des forêts, que les grandes quantités de bois que l’on brûlait jadis ne sont plus que de beaux souvenirs. Mais revenons aux "feux", qui ont été, depuis quelques décennies, l’occasion de rencontre entre les gens du pays et une grande foule d’ "étrangers", qui considèrent ce rendez-vous comme un agréable moment de convivialité. La municipalité soutient l’événement depuis des années avec des rencontres d’étude de spécialistes, entre autres les professeurs A. Cattabiani, C. Fiore, M.me Ridolfi, etc. Tous ceux qui liront ces lignes sont naturellement invités, et ceux qui n’ont jamais participé seront sûrement charmés par la multitude d’ étincelles des "feux" qui illuminent la nuit de la Saint-Joseph. Peut-être, le souvenir et le charme de cette nuit les amènera à visiter les places et les monuments de la ville. Une gravure de 1782 sur les feux de la Saint-Joseph à Itri, parue dans le magazine "Gardenia" (mars 1993), donne une idée assez claire de l’enracinement au cours des années de l’allumage des feux à Itri et témoigne de l’importance d’une tradition populaire, connue bien au-delà du milieu local et qui suscita l’intérêt de la télévision publique dans les années ’70.

 

L’OFFICE DE TOURISME

L’Office de Tourisme est né de l’engagement d’un groupe de personnes motivées. Il organise depuis de nombreuses années des fêtes, qui appartiennent désormais au patrimoine culturel et artistique d’ Itri. Les plus importantes: le Carnaval d’ Itri, la fête de l’olive et la création du chœur polyphonique d’Itri, qui, savamment guidée par son chef M. Serge Preti, a donné des concerts dans des villes du Latium, en Allemagne à Dachau et Landshut en juin 1994.

 

"L’INFIORATA" (la joncheé de fleurs) L’événement, née d’une idée des quelques habitants de rue de la République à Itri, a encore accru la réputation de l’Office de Tourisme. Un véritable succès qui lui aussi a grandi au fil des années et qui a permis la venue de beaucoup de visiteurs. Il s’agissait d’une ancienne coutume religieuse: les croyants jonchaient le sol de fleurs de toutes sortes au passage du Corpus Domini. Artistes d’Itri et des villes voisines et les organisateurs ont transformé cette coutume au cours des 18 éditions, en de magnifiques tableaux rivalisant d’harmonie par leurs formes et la délicatesse de leurs couleurs. Les postes italiennes participent aussi à l’événement depuis des années avec une oblitération spéciale pour les philatélistes.

 

EXPRESSIONS CULTURELLES ET ASSOCIATIONS

Au niveau de la peinture, plusieurs artistes sont présents et travaillent à Itri depuis des années. Il faut tout d’abord citer maître Normanno Soscia. Depuis 1968 jusqu’à présent il a participé à des expositions de peinture dans les plus grandes villes italiennes, en Europe (Paris, Amsterdam, Bruxelles, Francfort), en Ethiopie (Asmare), aux Etats Unis, (la Nouvelle Orléans, New York) et sur son oeuvre ont écrit d’importants personnages du monde de l’art, entre autres P. Cimatti, D.Purificato, U. Moretti et d’autres encore. Lorsqu’ on entre à Itri, peu après l’église de Notre-Dame-des-Grâces, à gauche on aperçoit aisément un bâtiment qui ressemble à un temple, bien qu’il soit dépourvu de tout caractère religieux. C’est une pépinière d’artistes, où, avec maître Soscia, travaillent ses frères Bruno et Maurizio (sculpteur). Des mains des trois artistes, naissent, depuis des années, de raffinées et précieuses céramiques.

Nombreuses sont aussi les associations qui tout au long de l’année organisent toute sorte de manifestations. Périodiquement, un groupe théâtral organise et joue des œuvres classiques, mais n’oublie pas non plus le théâtre populaire qui s’inspire de la vie quotidienne.

En ce qui concerne le sport, du football, du basket-ball et du volley-ball. Il ne manquent pas non plus de rendez-vous avec la musique: des concerts sont organisés dans les églises et en plein air en été par l’association de musique locale. Depuis quelques années, l’engagement d‘une association de passionnés des arts et traditions populaires organise une manifestation appelée "Arti e mestieri" (Arts et métiers en voie de disparition), la seule dans son genre au sud de la province. Son but est la redécouverte d’anciens métiers désormais oubliés, qui font partie du patrimoine culturel de ce pays. Cette manifestation draine aussi des visiteurs venus de partout; nombreux sont en effet les touristes qui montent de la côte tyrrhénienne pour cette occasion et pour les autres également. Ils ne manquent pas non plus d’intéressantes manifestations gastronomiques ou de sport, organisées par les différents quartiers qui organisent des compétitions.

Très important, enfin, c’est le volontariat de l’ E.R.I. qui se déploie dans plusieurs directions: de l’extinction des incendies de forêts à la participation à toutes les manifestations qui se déroulent à Itri. L’association catholique des paroisses de S.te-Marie-Majeure et de Saint-Ange et de la Croix Rouge Italienne, représentée par un groupe de volontaires compétents, fournit une assistance spéciale aux personnes défavorisées. Je vais peut-être oublier d’autres réalités, et je m’en excuse d’avance. On voulait surtout donner un aperçu des différentes réalités présentes qui font d’ Itri une ville accueillante et dynamique, tournée vers un développement économique, touristique et culturel remarquables, dans un esprit ouvert aux nouvelles réalités, alliant l’histoire millénaire de ce pays et l’amour-propre de ses habitants.

Le Comité "Le château" mérite une mention spéciale. Il a organisé depuis 1976, de très intéressants évènements culturels. Le "Comité", dirigé par M.me Concetta Sinapi effectua des recherches historiques au sujet de Fra’ Diavolo, sur les traditions, les us et les coutumes d’Itri, suscitant beaucoup d’intérêt. Le but du groupe était de sauver de l’oubli de l’après-guerre, le centre ancien en proposant au public des événements culturels, des rencontres de musique et des expositions de peinture, pour valoriser les monuments et les lieux les plus charmants. Les résultas ont été plus que satisfaisants et leur engagement méritoire. C’est grâce à eux aussi que le vieux Itri connaît actuellement un nouvel essor qui, si on respecte les règles de sauvegarde des centres historiques, connaîtra, avec l’apport remarquable de la rénovation du château, le renouveau qu’il mérite.

Plusieurs évènements ont encore marqué la communauté locale au cours de ces dernières quarante années. Il n’est pas possible ici de les relater tous: sport, évènements extraordinaires et humanitaires (notamment ceux en faveur de l’Inde dans les années ’70, du tremblement de terre en Irpinie en 1980 et de l’hospitalité aux albanais en 1991). Je pourrais les raconter à titre personnel, mais ce serait là l’histoire de ma vie et non plus celle de la ville. Ce furent tout simplement des rendez-vous avec la solidarité, simples et sincères. Pour en terminer on peut sans doute dire que les itrains expriment une culture de "l’hospitalité" dont ils gardent "religieusement" les traditions de leurs ancêtres.

 

Beaucoup de personnages très importants sont nés et ont enrichi de leur engagement l’histoire d’ Itri.

 

PERSONNAGES CELEBRES

Bartolomeo Prignano archevêque de Bari élu en 1378 qui devint pape sous le nom de Urbain VI.

G. Battista Manzi (1831-1912), prêtre et mathématicien, professeur et supérieur du Pensionnat Alberoni de Vicenza, membre de plusieurs écoles.

Nicola Judicone (1806-1880) professeur en droit à Naples, très intime de Francesco De Santis qui, dans une lettre adressée à Edoardo Pandola, le définit comme "homme rarissime" et "maître excellent".

Raffaele Gigante (1816-1896), patriote, député à l’Assemblée Nationale de 1865 à 1874. Sous la IXe, la Xe et la XIe législature il représenta la circonscription de Gaeta, celle d’Agnon dans la XIIe, participant activement aux travaux de l’Assemblée.

Paolo (Scipione) Burali d’Arezzo (1512-1578) fut avocat de grande valeur à Naples, rentra à 46 ans dans l’ordre des théatins. Il refusa la charge des évêchés de Brindisi et Crotone que le Roi d’Espagne Philippe II lui avait offerte, mais il dut obéir au pape Pie V qui le nomma évêque de Piacenza et plus tard Cardinal. Ami de saint Charles Borromeo, ce dernier soutint sa candidature à la charge pontificale au conclave après la mort de Pie V, où fut élu le cardinal Buoncompagni (Grégoire XIII), connu aussi pour avoir reformé le calendrier. Burali, cardinal de la contre-réforme, nommé en 1576 archevêque de Naples, y murut seulement deux ans après. Le 8 juin 1772, le Pape Clément XIV, le proclama saint.

Monseigneur Ernesto Jallonghi (1876-1934), religieux et écrivain a dédié à son pays deux œuvres qui sont à la base de l’histoire d’Itri, "La Madonna della Civita e il suo Santuario" et la biographie de "Fra’ Diavolo" et "Borbonici e francesi a Montecassino". Parmi ses nombreuses œuvres il faut citer aussi "La religiosità di Carducci" et "Il misticismo di Dante", cette dernière œuvre fut publiée après sa mort sous la direction de P. Scaramuzzi. Il mourut à 58 ans à Rome et il est enterré dans la chapelle centrale du cimetière d’ Itri. D’autres personnages aussi ont participé d’une manière remarquable au Risorgimento italien D. Michele Manzi, "carbonaro" passionné, ami de Gioberti et Mazzini; Gennaro Bonelli avec les susdits Nicola Judicone et Raffaele Gigante, emprisonné avec ce dernier à cause de ses activités insurrectionnelles.

Giovanni Burali d’Arezzo, noble, avocat, chevalier de l’ordre de Malte, adjoint au maire de Naples, décédé à Itri le 27 mai 1894.

En ce qui concerne Michele Pezza, plus connu sous le nom de "Fra’ Diavolo"; on en parlera plus loin.

Par ailleurs à Itri on peut aisément trouver des livres de plusieurs auteurs pour se renseigner d’une manière plus complète sur les lieux, les évènements et les personnages dont je vous ai parlé.

©Pino(Giuseppe)Pecchia - ("Entre Sacré et Profane au pays d'Itri")

©Traduit par Tonino Pecchia