Le sanctuaire de Notre-Dame-de-la-Civita


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  Prèsentation

Itri

Frà Diavolo*

 

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 20 Julliet 1877

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Notre-Dame-de-la-Civita

Sebastiano Conca  (1676-1764)  

 

 

 

 

 

 

 

 

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      ITRI (Latina)-Regione Lazio-ITALY                          

           

                              

  “Gloriosa dicta sunt, de te Civitas Dei. Die decima februarii 1849 PP. IX"  

LA TRADITION POPULAIRE

Le sanctuaire et le tableau de Notre-Dame-de-la-Civita sont unis par une seule histoire millénaire. Selon la tradition populaire, l’image sacrée fut trouvée par un berger sourd-muet qui cherchait une vache perdue dans les bois du mont Civita. “Entre les branches d’un chêne vert, la vache à genoux et le berger qui retrouve l’usage de l’ouïe et de la parole”, c’est ainsi que débute l’histoire et la dévotion de Notre-Dame-de-la-Civita. Ses origines et son arrivée dans un endroit si inaccessible, relèvent du mystère. Il s’agit là d’une croyance populaire. L’on croit que l’origine du tableau remonte aux persécutions iconoclastes de Constantinople menées par l’empereur Leone Isaurico, vers le VIIIe siècle après Jésus-Christ. Des moines basiliens, surpris avec l’image, auraient été enfermés dans une caisse avec le tableau et jetés dans la mer. Le voyage s’acheva à Messine, sur les côte de la Sicile, 54 jours après.

Elle fut exposée et vénérée par les fidèles pendant une certaine période. C’est avec la disparition de Messine et la découverte sur le mont Civita, que commence l’histoire de notre sainte Image. Beaucoup d’auteurs, par le passé, ont pensé que l’auteur du tableau soit saint Luc Evangeliste, parce qu’il y a trois lettres (LMP) désormais décolorées, à la base du tableau, (Michel’Angelo Di Arezzo-Histoiria, 1633), c’est à dire “Lucas me pinxit”. Parmi la quantité d’auteurs consultés et cités dans la bibliographie, les arguments intéressants sur ce sujet, au delà de la sacralité de l’image, ce sont ceux que l’abbé Michele Colaguori a proposés aux lecteurs en 1976, à la page 8 du magazine “Golfo-Flash-Gaeta”.

 

HISTOIRE ET DOCUMENTS DU SANCTUAIRE

Il paraît plus vraisemblable que les moines basiliens débarqués à Gaeta, passant par ces endroits, laissèrent le tableau, d’excellente facture orientale, aux moines du monastère de Figline. Il existe un document mentionnant une donation à une petite église de “Notre-Dame-de-la-Civita”, qui remonte à 1147. Il s’agit d’une donation, faite par un notaire d’Itri et sa femme en 1147. Sur ce document figure le nom de l’abbé du monastère, Riccardo et celui de frère Bartolomeo, gardien de la petite église. Au niveau historique, il s’agit là de la source la plus sûre pour relater, même de manière limitée, les évènements qui ont caractérisés la vie du Sanctuaire et évoquer l’image de Notre-Dame-de-la-Civita. Le millénaire de la sainte Vierge a été fêté avec des célébrations solennelles qui du 27 jusqu’au 31 mai 2000 ont ramené au Sanctuaire des fidèles, autorités religieuses et civiles pour garder le souvenir des mille ans de dévotion à Marie. Les cérémonies les plus importantes ont été la Réunion d’Etude de Théologie Pastorale et la solennelle célébration liturgique de rite oriental catholique. La liste des personnages illustres qui ont visité le Sanctuaire est relativement longue, en voici quelques-uns: le pape Pie IX le 10 février 1849 avec Ferdinand II, roi de Naples et toute sa famille royale; saint Philippe Neri en 1532; saint Paul della Croce en 1726; B. Paolo D’Arezzo, né à Itri, ensuite évêque de Piacenza et cardinal de Naples; saint Leonard da Porto Maurizio y séjourna pendant une certaine période en 1722; saint Gaspard del Bufalo en 1824; sainte Marie De Mattias, fondatrice des petites sœurs du “Preziosissimo Sangue” canonisée le 18 mai dernier, trouva ici sa complète vocation, aidée par les conseils de saint Gaspard et du chanoine Giuseppe Addessi; le cardinal Pacelli y arriva avant même d’être élu pape avec le nom de Pio XII. Une plaque commémorative se trouve sur le parvis juste à coté du porche où sont imprimés les noms des Saints, Bienheureux, Vénérables et les personnages les plus illustres qui arrivèrent ici pour prier.

 

 

1491-1991 CINQ CENT ANNEES DE VIE DU SANCTUAIRE

Le changement de la petite église en Sanctuaire date de 1491. Ce furent les habitants d’Itri qui s’adressèrent à l’évêque de Gaeta pour obtenir une église plus grande. Ce dernier, Mons. Francesco Patrizi satisfait leur désir et en plus, dans la bulle de consécration, transmit à la postérité l’engagement des itrains “praecipue ducti precibus universitatis et hominum terrae itri il écrit et encore: “de iure administrationis et patronatus dictae universitatis eiusdem ecclesiae”. En plus, l’année suivante il confirma dans un document, que les hommes du pays d’Itri étaient les fondateurs et les soutiens du sanctuaire. En évoquant le tableau de Notre-Dame de-la-Civita, toujours dans la même bulle de 1491, il souligne leur vénération pour le sanctuaire et le tableau “antique venerationis”. Cette bulle qu’il écrit et confie à la postérité est le document le plus important relatif à ce lieu sacré. Les rappels à l’antiquité du tableau et la fréquentation du Sanctuaire, donneront plus de soutiens à la supplique que Mons. Pergamo, évêque de Gaeta adressera aux autorités ecclésiastiques du Vatican en 1775 en demandant l’autorisation pour le couronnement solennel, qui aura lieu ensuite le 20 juillet 1777. L’église, inaugurée ce lundi de la pentecôte, en présence du clergé et de la population d’Itri, fut l’objet de plusieurs rénovations au cours des siècles comme c’est écrit sur une plaque de 1691. Faisant confiance en la dévotion et le soutien que les fidèles auraient pu donner, on pensa l’agrandir et le doter de chambres pour accueillir les pèlerins. La première pierre de l’église actuelle fut bénite le 27 mai 1820; elle fut achevée enfin en 1826. En 1849, quelques jours après la visite de Pie IX, l’église fut inaugurée. C’est encore Pie IX qui en 1877 signa le décret pour le second couronnement, “une grâce pas assez justifiée et peu ordinaire” il le précisa à ceux qui lui avaient adressé la supplique, tout en accordant le décret car il gardait le souvenir de sa visite au Sanctuaire. A cette occasion fut aussi frappée une médaille commémorative, dont, heureux hasard, je n’aurais jamais pensé retrouver un exemplaire en possession d’un de mes proches à Fondi.

 

En parcourant la route provinciale qui serpente dans les bois de chênes et de chênes verts, on atteint le sommet du Sanctuaire, où les voitures et les bus, de plus en plus nombreux, peuvent trouver un parking bien organisé. Tout autour de vastes prairies fleuries, où les pèlerins autrefois pique-niquaient après avoir participé aux cérémonies religieuses. Ici tout est calme et paix: l’on doit cela à l’engagement des pères qui, aux cours des années ont administré le Sanctuaire et des administrateurs locaux qui ont su défendre ce lieu de toute sorte de commerce. C’est un lieu de silence, de foi, sans vendeurs de toute sorte, petits restaurant, buffets, etc. Mais pour ceux qui cherchent aussi ce genre de confort, il existe toutefois un bon bar-restaurant géré par des particuliers, ouvert surtout en été et à l’occasion des fêtes principales. Les seules règles de cet endroit de foi sont la religiosité et le silence et j’espère bien que cela perdurera dans les prochains siècles. Il y a aussi un autre parking sur une esplanade à un niveau supérieur que les visiteurs peuvent atteindre soit par un chemin, soit par un petit escalier. D’ici pour atteindre le parvis de l’église il faut monter par un grand escalier. A gauche il y a une plaque commémorative en souvenir du Pape Pie IX qui s’arrêta dans une salle du pavillon lors de sa visite pendant son exil à Gaeta, avec le Roi Ferdinand II, épisode déjà évoqué. Ici sont encore gardés les parements sacrés du pape, un calice en argent et dix pièces de monnaie en or, son cadeau au Sanctuaire. Sur un vieux parchemin jauni par le temps, il y a une inscription de sa propre main “gloriosa dicta sunt de Te, Civitas Dei. Die decima februarii 1849. PP. IX”. La visite de Ferdinand II fut, elle aussi, très importante pour ces lieux. Il commanda la construction d’une route carrossable reliant les lieux de la Ciociaria à Itri et au port de Gaeta distants seulement de 7 Km. De l’ancien chemin muletier signalé par les petites chapelles de la via crucis parcourue à cheval par le pape et le Roi, il fut possible d’ arriver au Sanctuaire par la route de la Vallée du fleuve Liri, (R.N. 82). Une œuvre remarquable pour les gens et les commerces de cette époque.

 

 Certaines pièces à droite de l’escalier sont occupées par la crèche, les ex-voto laissés par les fidèles pour les grâces reçues, une petite boutique d’objets sacrés gérée par les pères Passionnistes à qui est confiée la responsabilité de ce saint lieu. L’actuel Recteur est père Emidio Petringa aidé par d’autres religieux; j’aime à citer le Père Cherubino di Feo qui fut curé de Sainte-Marie-Majeure à Itri et qui a pris sa retraite ici, où il s’occupe, outre de ses devoirs religieux, de la recherche de renseignements sur ce lieu. Il peut donc être considéré comme la mémoire historique du Sanctuaire. De l’escalier, en passant sous le clocher, à gauche, on trouve une plaque découverte le 26 juin 1990 par Monseigneur Vincenzo Farano, évêque de Gaeta à cette époque, en souvenir de la visite du Pape Jean-Paul II au Sanctuaire le 25 juin 1989. Du parvis, en passant sous le porche, la seule structure originelle de l’ancienne église, on aboutit dans l’actuel édifice. La façade a été refaite et inaugurée le 17 avril 1960. Elle soutint d’autre parties exploitées pour la vie quotidienne des pères et leurs nombreux collaborateurs qui arrivent d’Itri et des villes voisines (Fondi, Formia, Gaeta, Sperlonga) tous les jours pour les aider dans leurs activités religieuses et quotidiennes. Il s’agit d’activités que les pères jugent très importantes pour l’engagement des collaborateurs en faveur des fidèles qui visitent le Sanctuaire pendant l’année. J’aime à citer le document de l’évêque Patrizi où, “en accordant des privilèges spirituels aux visiteurs et pèlerins”, on trouve cette frase “manusque adjutrices pergentibus”; il parle des collaborateurs volontaires du Sanctuaire à qui il dispense, en récompense, des avantages spirituels. Encore aujourd’hui, depuis 512 ans, leur aide est méritante.

 

L’EGLISE  

L’église est structurée sur trois nefs; une grande au centre de l’édifice, entourées de nefs latérales plus étroites. L’autel majeur, au centre de la nef principale, est le plus intéressant. Il est composé de marbres et marqueterie d’école napolitaine (XVIIIe siècle), œuvre de maître Filippo Pecorella. Les décorations de la voûte représentent quelques-uns des événements qui rappellent l’origine du Sanctuaire, tandis que les suivants ont été réalisés en 1919 par S. Cozzolino de Naples. Ensuite ils ont été repris par M. le Prof. A. Rollo de Bari, un sculpteur à qui l’on doit la statue de la Sainte Vierge placée tout en haut de l’église. Des autels dédiés à Saint Joachim à gauche et Sainte Anne à droite complètent les petites nefs latérales. Une jolie balustrade entoure l’autel majeur, riche de précieuses marqueteries. Les deux colonnes de l’autel viennent du couvent de Saint-François d’Itri, ainsi que le lavabo qui se trouve dans la sacristie. Le tableau de Notre-Dame-de-la-Civita se trouve au milieu de l’autel majeur protégé par une plaque de cristal. Un chœur en bois du XVIIIe siècle et un orgue à tuyaux complètent l’ameublement de l’église. Dans une salle dite du trésor, sont gardés les objets précieux et les parements sacrés, cadeaux des fidèles et pèlerins illustres, parmi lesquelles ceux de Pie IX.

 

Y sont gardés aussi des tableaux d’excellente facture: une Nativité d’école napolitaine, une Madone avec saint François de Paola et Notre-Dame-de-l’Assomption et, encore, une copie de Notre-Dame-de-la-Civita sur bois, d’une grande valeur d’après les experts, toutes les trois attribuées à Sébastien Conca de Gaeta (1680-1764), un peintre très habile qui séjourna au Sanctuaire pour se rétablir d’une maladie; il retoucha les trois tableaux, ainsi que celui de Notre-Dame-de-la-Civita. Ainsi apparaît le Sanctuaire: un lieu de prière, une oasis de paix suspendue entre ciel et terre. Puissant est le message d’espérance que, soutenu par une foi authentique, ressent le peuple des pèlerins, célèbres ou non, depuis mille ans arrivant sur ce mont sacré lorsqu’ils se trouvent en présence de la sainte Vierge de la Civita, qui dispense ses grâces, comme celle à laquelle assista toute la population d’Itri en 1527 en partie décimée par une épidémie de peste: le tableau fut porté en procession dans les rues du pays; au moment où les gens imploraient la fin de l’épidémie, un nuage s’éleva du sol et se dissipa en l’air. Soudain, l’épidémie cessa. La population décida que cette date miraculeuse du 21 juillet se fêterait tous les ans afin de se remémorer du miracle de Notre-Dame-de-la-Civita et de son premier couronnement.

 

LE TABLEAU MIRACULEUX

 Le tableau avec l’Image sacrée trouvé sur le mont Civita est de style byzantin. Du travail attribué à saint Luc il est resté peu de chose, le tableau ayant été l’objet de plusieurs rénovations au cours des siècles. Sûrement celles de Conca Senior vers la fin du XVIIe siècle et de Pandozzi à l’occasion du premier couronnement en 1777. Celui-ci exploita une technique qui consiste à substituer l’ancien tableau avec une plaque en cuivre (toutes les deux gardées) et rénover la toile. En 1815, la foudre frappa le tableau qui faillit le détruire. La toile fut ensuite placée, après avoir enlevé la plaque en cuivre, sur un châssis en bois et c’est ainsi qu’elle est arrivée jusqu’à nos jours. Rocambolesque a été l’histoire de ce tableau pendant la dernière guerre mondiale et la manière dont l’abbé Lidio Borgese, Recteur de l’époque, réussit à cacher l’Image sacrée aux allemands. C’est lui-même qui raconta dans une brochure, citée dans la bibliographie, comment il se balada, la miraculeuse Image de la sainte Vierge de la Civita caché sous son manteau, entre Cisterna, Sonnino et les monts Lepini. La toute dernière rénovation a été opérée par M. le Prof. Edelwais Frezzan en 1953. Il m’a expliqué les détails de ce travail et je cite ici ses propos: “Comme il y avait de l’humidité, j’ai pensé bien cirer le double doublage de la toile, suivant une technique employée pour les toiles aux pays du nord, assurant ainsi sa presque éternelle conservation”. Le 18 mars dernier, j’ai appris que le tableau, confié au centre de restauration Koinè de Rome, a été soumis à des examens radiographiques, stratigraphiques et plusieurs examens en laboratoire. A la suite de ces examens, il apparaît que les rumeurs quant à la superposition d’images au cours des différentes rénovations, sont tout à fait injustifiées. La présence de traces de couleur qui délimitent des parties du corps sont véridiques mais elles n’apparaissent pas sur le visage. Le tableau a subi un nettoyage a cause de la présence d’égratignures et de trous là où étaient placées des couronnes en 1977. Le 19 avril dernier, le tableau a repris sa place au Sanctuaire. En juillet prochain, cela fera 25 ans que ce tableau fut emmené à Itri à l’occasion du bicentenaire du premier couronnement de la Sainte Vierge (1777). Pour moi, ce fut un événement extraordinaire où je me suis engagé donnant toute mon expérience acquise au cours de ma vie, au niveau de l’organisation, croyant en la protection continue de la Vierge, ce qu’en effet je pense c’est passé.

 

LA CEREMONIE DE 1977

A l’occasion de la célébration du bicentenaire du premier couronnement en 1777, le comité organisateur, pour transmettre à la postérité cette fête solennelle, chargea l’orfèvrerie Petrillo d’Itri, de la création d’un bijou en or et pierres dures à fixer à la base des deux couronnes de la Sainte Vierge (7 saphirs de 19,75 Kt, et 59 gr.en or 750x1000) et un saphir sur le front de l’Enfant Jésus. L’orfèvre exécuta ce travail gratuitement.. Au cours de la célébration solennelle officiée par le cardinal Vagnozzi (seul cardinal célébrant un centenaire), fut posée la “couronne” à la base des autres existantes. Il ne s’est donc pas agi d’un troisième couronnement comme cité dans d’autres publications. Après cet événement. M. Orazio La Rocca dans sa brochure de présentation, que j’ai personnellement dédicacée, a parlé d’une manière très précise de l’événement qui allait se passer. A la cérémonie religieuse avec le cardinal Vagnozzi participèrent les évêques de Sessa Aurunca, Costantini, de Terracina, Compagnone, l’abbé de Montecassino, Matronola et l’archevêque de Gaeta, Carli. Ont également participé aussi de nombreuses autorités civiles et militaires des communes voisines et de la province. Mais il eut aussi de la musique (la fanfare de la Police d’Etat, de la ville de Lecce, de la ville de Mottola, le choeur de la ville de Latina, les chanteurs Peppino Gagliardi, les Romans, July & July, le Perez Brado Show, l’orchestre Jazz de la VIe flotte de la NATO), des rencontres culturelles (une exposition et un concours de peinture, de sculpture et de graphique); de sport (une compétition de cyclisme au niveau national qui eut comme starter le regretté Gino Bartali, des tournois de football, de judo, tennis, basket-ball et une compétition de tir au pigeon d’argile), folkloriques (la Ie fête de l’olive d’Itri, olives offertes par l’U.A.I.), des groupes de musiques folkloriques, les déployers de drapeaux de Cori); les feux d’artifices clôturèrent d’une manière spectaculaire une semaine de célébrations que le comité organisateur aidé des concitoyens, réalisa d’une excellente manière. Aux fêtes participèrent des milliers de fidèles arrivés des régions voisines pour vénérer l’image pieuse. Emouvante fut la rencontre avec le regretté maire M. Pasquale Ciccone, présent à l’arrivée des émigrés itrains des différentes villes des Etats-Unis: ce fut l’un des moments les plus émouvants des jours précédents la fête. Une journée entière leur fut dédiée, resserrant ainsi les liens entre les émigrés et Itri. Leur aide économique fut remarquable, autant que celle des résidents au Canada. La cérémonie religieuse fut retransmise en circuit fermé par TV RTBL de Formia; cela permit aux personnes âgées et aux malades d’Itri de suivre l’événement qu’ils avaient tant attendu. Tout ce long travail de préparation se termina par la réunion du comité organisateur le 2 décembre 1977 où l’auditeur des comptes approuva le bilan de la fête qui fut ensuite publié au tableau de l’Eglise de Saint-Marie-Majeure (en résumé: entrées £. 42.773.500, dépenses £. 41.248.360, avec un solde créditeur de £. 1.525.140.) A l’époque, il y a 25 ans, ce n’était sûrement pas un petit chiffre.

 Au niveau strictement personnel, je suis partagé entre deux sentiments: le plaisir et la nostalgie lorsque je me souviens de cet événement et de mon engagement lors de cette organisation. De la même manière je garderai le souvenir vif du regretté père Alberto Rivezzi, Président du comité et curé de Sainte-Marie-Majeure, maître de foi et de vie.

 

LA STATUE EN ARGENT

Le deux août de l’an mil huit cent quarante, sous le Royaume de Ferdinand second pour grâce de Dieu Roi du Royaume des Deux-Siciles”. C’est ainsi que débute l’acte et l’histoire de la statue de Notre–Dame-de-la-Civita. (photo 30) Une œuvre voulue par les itrains qui collectèrent les fonds nécessaires pour le moulage et qui au total s’élevèrent à 828 ducats et 30 “grana”, plus les frais d’enregistrement au bureau de Fondi, livre Ier, volume 39, feuille 91, reçu par M. D’Ettorre. 329 ducats furent offerts par les donateurs, mais tous les citoyens et leurs descendants, c’est écrit dans l’acte, sont les réels propriétaires. Ni le clergé, ni les autorités civiles ne pourront en revendiquer des droits de propriété. La statue pèse 36 livres et 11 onces. La Vierge et l’Enfant Jésus ont tous les deux sur la tête une couronne en cuivre doré avec des pierres dures de plusieurs couleurs; 130 étoiles dorées recouvrent complètement la statue. La volonté de la communauté était claire. Autrefois comme aujourd’hui, la procession de juillet, qui toutes les années ouvre les célébrations, est conduite par sa propre statue. Au début elle fut confiée à la noble famille De Fabritiis et cela jusqu’au début des années quatre-vingt-dix, mais à la suite de bruits douteux et indignes, la magistrature leur révoqua cette charge; elle fut gardée par la police pendant quelque temps et ensuite durant quelques années dans une pièce blindée de la mairie. En effet, une partie du trésor, des objets en or dont les fidèles avaient fait cadeau au cours des années, furent retrouvés au Mont-de-piété à Rome, par les carabiniers, à la suite de rumeurs qui circulaient dans la petite ville pontine. Il y eut une véritable mobilisation et enfin on aboutit à une décision acceptée par tous, qui n’empêcha pas des suites judiciaires. La statue a été placée au fond de la nef de gauche de Sainte-Marie-Majeure, bien protégée des voyous par un écran en cristal et une grille, ce qui paraît à présent le meilleur choix. Les itrains pourront ainsi à tout moment avoir la possibilité de prier et implorer des grâces de leur Sainte Vierge. C’est M. l’ingénier Mario La Rocca qui a dessiné le plan pour la construction de la chapelle, tandis que l’artiste Florentine Wallner à crée le beau vitrail polychrome. De cette dernière je garde jalousement un délicieux calendrier reçu en cadeau à l’occasion de Noël 1995, cadeau de l’ingénieur La Rocca qui souhaitait les meilleurs vœux à ma famille; au milieu du calendrier, l’image de la Notre-Dame-de-la-Civita couronnée et enrichie avec de la poudre brillante pour mieux mettre en évidence la Sainte Vierge. Il fallut encore du temps pour la construction de la chapelle et du vitrail.

   A la suite de la mobilisation pour la disparition d’une partie du trésor, a été créée, par acte notarié, l’Association “Maria SS. della Civita”, et ce n’est pas par hasard que sa direction a été confiée à deux représentants de différentes générations. C’est une liaison idéale avec le célèbre acte passé à Naples au lointain mois d’août 1840. Le président chargé fut M. Fausto Saccoccio, “Faustino” pour tous, qui a été pendant des dizaines d’années le Président du comité des célébrations de la “Notre-Dame de la Civita”; son Président responsable, Orazio La Rocca, journaliste vaticaniste du journal “la Repubblica”, qui représente la nouvelle génération. Dans ce contexte, un témoin idéal c’est “l’Associazione” (l’Association) que les itrains d’aujourd’hui ont proposée de nouveau pour consolider et transmettre aux générations futures les idéaux de leurs pères qui témoignèrent, par le moulage de la statue “en argent”, la plus vraie expression de leur foi populaire. L’ “Association” veut développer le bénévolat; ses dirigeants sont Maître Antonio Fargiorgio, adjoint du Président, M. l’Ing. Mario La Rocca, M. le prof. Mimmo Del Bove, M. Mimmo Fabrizio, M.lle Maria Maggiacomo, le maire pro tempore, Giovanni Agresti et le curé de Sainte-Marie- Majeure, M. Angelo Di Battista. M. le docteur Peppino De Santis, M. Saccoccio Luigi et M. Giovanni Nofi sont les auditeurs des comptes. Pour s’inscrire il faut payer une cotisation de 25 euro, une somme petite mais nécessaire au déroulement des activités dans lesquelles l’association s’engage. Des rencontres culturelles, une exposition de photographies qui a débuté cette année et qui va devenir permanente, ayant pour but le repère du matériel photographique et explicatif qui témoigne du culte pour Notre-Dame de la Civita au cours des siècles. Un concours réservé aux écoles d’Itri ayant pour but la récupération de la mémoire historique sur elle. Les enfants, par le moyen des nouvelles apprises par leurs grands parents et leurs parents, pourront rassembler de vive voix leurs témoignages de foi qui autrement pourraient se dissiper et renforcer ce lien inséparable qui depuis mille ans lie les itrains à la Sainte Vierge. J’ai gardé pour la fin le premier des buts de l’Association, la garde de la statue en argent et des objets précieux dont les fidèles font cadeau à la Vierge. J’espère et souhaite qu’elle aussi soit bien hébergée dans une des salles du château actuellement en rénovation, tout comme les autres associations qui se trouvent à Itri.

 

LA VISITE DE SA SAINTETÉ  JEAN - PAUL II

 Le 25 juin 1989 marqua une autre étape importante pour l’histoire du Sanctuaire. Carol Wojtyla arriva en visite pastorale à l’archidiocèse de Gaeta; sur son itinéraire il y avait aussi le Sanctuaire de Notre-Dame-de-la-Civita où il voulait rencontrer les malades. Le Pape arriva en hélicoptère sur l’esplanade où autrefois s’élevait le couvent des Figline (photo 27). Ici l’attendaient le ministre des Affaires Etrangères M. Giulio Andreotti, l’évêque Vincenzo M. Farano. Le maire d’Itri M. Pasquale Ciccone. La rencontre avec les malades au Sanctuaire reste un épisode qui a marqué les coeurs et les esprits des présents, sa main qui caresse les malades et sa douceur en s’adressant à eux par des mots pleins  d’espérance, resteront gravés pour toujours en tous ceux qui participèrent à l’événement. Après les salutations du maire M. Ciccone (prématurément décédé le printemps dernier) celles du Pape Jean-Paul II qui exprimaient d’importantes valeurs. Les malades, bien qu’ils fussent marqués si durement physiquement, en furent réconfortés et pleins d’espoirs; en lui souhaitant la bienvenue, ils lui adressèrent ainsi leur prière: “Nous te prions d’accroître notre foi afin de vivre notre souffrance la partageant avec la vie et la passion de Jésus Christ”. Ce fut une grande émotion pour tous. La cérémonie avec les malades avait été précédée par la visite à l’église. Sur le parvis l’ attendait la communauté des Passionnistes, à leur tête le supérieur général Père José Augustin Orbegozo, le supérieur provincial Giuseppe Comparelli et le Recteur du Sanctuaire, Père Giuseppe Polselli. Il s’arrêta pour regarder le tableau floral, créé par les maîtres fleuristes d’Itri. C’était une délicate composition de pétales de roses, œillets et fleurs de champ représentant les armoiries du Vatican et de la Municipalité, le visage du Pape et quelques-uns parmi les monuments les plus importants d’Itri. Le pape s’agenouilla ensuite devant l’autel majeur adressant sa prière à l’image miraculeuse de Notre-Dame-de-la-Civita: des instants de silence et de recueillement, brisés seulement par le brouhaha d’environ mille fidèles qui attendaient sur l’esplanade du Sanctuaire. Ce fut une journée historique pour le Sanctuaire et pour la petite partie de fidèles, autorités civiles et militaires d’Itri qui, pour des problèmes de sécurité, n’avaient pas pu participer à la cérémonie. L’ambiance, déjà empreinte de spiritualité, pour le lieu et pour la présence du Vicaire de Jésus-Christ, prit un aspect presque irréel lorsque une nappe de brouillard enveloppa toute l’assemblée pendant quelques minutes: ce 25 juin 1989 il faisait beau mais, soudain, l’on crut toucher le Ciel de ses propres mains.  

©Pino(Giuseppe) Pecchia - ( "Entre Sacré et Profane au pays d'Itri")

©Traduit par Tonino Pecchia